PIASA est heureuse de démarrer l’année 2023, et de fait sa saison de design, par une vente de prestige dédiée à Mithé Espelt à la Patinoire Royale de Bruxelles - Galerie Valérie Bach.
Cette vente met l’accent sur une artiste longtemps restée dans l’ombre et dont le galeriste et collectionneur Antoine Candau a largement contribué à faire reconnaître l’œuvre. Après des débuts à Paris aux côtés de Line Vautrin, Mithé Espelt décide de retourner à Lunel, sa ville d’origine, où elle installe son atelier de céramique. De là, elle va multiplier les collaborations (Maison Souleiado, Poupette Vachon...) en maniant l’art de la terre et du feu comme nul autre, sans pour autant signer ses créations. Après multiples discussions avec la maison PIASA, celui qui est aussi à l’origine d’une monographie qui redonnait toute sa légitimité à l’artiste, a accepté de présenter un ensemble d’objets (lampes, bijoux et surtout miroirs) qu’il a rassemblé au cours des vingt dernières années.
Mithé Espelt (1923-2020)
Ensemble de dix miroirs
Estimation : 18000 / 25000 €
"La décision de dévoiler une collection n’est jamais facile à prendre. Celle de la partager encore moins. Mais la proposition faite par Frédéric Chambre de présenter les œuvres de Mithé Espelt dans le cadre prestigieux de la Patinoire Royale de Bruxelles s’est révélée irrésistible. Et j’aimerais que la sélection que nous avons effectuée ensemble parmi les plus belles pièces de ma collection soit une forme d’hommage aux multiples facettes du talent de cette phénoménale artiste des années 50 dont le travail suscite aujourd’hui tant d’intérêt.
L’ensorcellement provoqué chez les amateurs par la révélation il y a deux ans, de l’œuvre de l’alchimiste de Lunel - qui affirmait savoir transformer la terre en or - ne doit pas occulter les préoccupations profondes d’une artiste qui ne signa jamais son travail par crainte d’être entraînée dans des querelles de personnalité où tant d’artistes du temps perdirent leurs âmes. Véritable suffragette de la céramique, elle préféra, dans le secret du boudoir, évoquer les pièges des atours de la séduction pour mieux parler en fait à ses contemporaines de l’immense liberté qui se trouvait là, à portée de regard.
Mithé Espelt (1923-2020)
Miroir modèle 'Anahuac'
Estimation : 15000 / 20000 €
Le succès de l’atelier qu’elle installe en 1946 dans le sud de la France, après avoir travaillé deux ans à Paris pour Line Vautrin, est immédiat. Mithé se retrouve en charge des collections de bijoux de la Maison Souleiado et réalise des commandes spéciales pour des clientes comme Louise de Vilmorin ou encore Poupette Vachon, la styliste de Brigitte Bardot à Saint-Tropez. Nous conserverons toujours une affection particulière aux pièces de cette période, témoins légers et fragiles d’un vocabulaire en pleine élaboration.
Au long d’une longue carrière émaillée de l’or du succès et de rencontres extraordinaires l’exploratrice des reflets et des pièges de la séduction a su créer un style inimitable, celui d’une œuvre libre et d’avant-garde faite de grâce et de légèreté.
Mithé Espelt s’est éclipsée en septembre 2020, au moment où paraissait la monographie « Mithé Espelt, le luxe discret du quotidien» sur laquelle nous avions travaillé ensemble avec tant de plaisir - réussissant ainsi à éviter la gloire jusqu’au bout - elle qui n’eut d’autre prétention que d’être un humble artisan. Car les mains du potier retournent à la terre lorsque les œuvres qu’elles ont suscitées témoignent pour toujours de leurs gestes enchanteurs."
- Antoine Candau, octobre 2022