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Art Contemporain Africain

12 novembre 2018

Piasa Digital

LE PORTRAIT
Une vision par les artistes africains


Comme en témoigne la visibilité croissante dont bénéficient les artistes africains américains tels que Kerry James Marshall, Kehinde Wiley, Amy Sherald, Crosby...,il se construit aujourd’hui Outre-Atlantique un courant artistique hyper réaliste de grande ampleur mené par des artistes noirs qui subliment le quotidien des black américains. Dans le même temps, des mouvements tels que le Post-Black théorisé par Thelma Golden, directrice du Studio Museum de Harlem, interroge la pratique de ces artistes noirs qui refusent d’être catégorisé Afro-américains quand bien même leur pratique est ancrée dans les questions raciales et la place des noirs aux Etats-Unis. 

Quelle est la résonance de ces tendances auprès de la nouvelle génération d’artistes du continent africain ? Existe-t-il des mouvements déjà identifiables dans les pratiques des artistes contemporains liés à l’Afrique ? Quelle est la place du traitement du portrait dans leur pratique ? Voici quelques axes qui sont explorés au travers de ce florilège de quelques oeuvres traitant du portrait et des questions d’identité, du passé colonial, de religion, d’identité sexuelle… par les artistes JP Mika (RDC), Aboudia (Côte d’Ivoire / USA), Amadou Sanogo (Mali), Bambo Sibiya (Afrique duSud), Léonce Raphaël Agbodjelou (Bénin), Paul Ndema (Ouganda) et Ian Mwesiga (Ouganda).


IAN MWESIGA 

Artiste rarissime sur le marché, Mwesiga se réfère à l'esthétique et aux sentiments du Black Arts Movement, considéré comme l'aile littéraire et artistique du Black Power Movement qui a vu le jour aux États-Unis dans les années 1960. Il utilise ce langage visuel idéologique pour défier le regard ethnographique centré sur la société africaine post-coloniale en créant des réflexions saisissantes et des célébrations fières de l'identité sociale dans le contexte d'un monde fortement racialisé.


Lot 124 - Ian Mwesiga (né en 1989, Ouganda)
The telephone call, 2018
Huile sur toile
180 × 120 cm

Résultat : 46 800€


JP MIKA

Sur les traces de Chéri Samba, le plus célèbre des artistes figuratifs de la scène kinoise, JP Mika, néen République Démocratique du Congo, est devenu l’expressionniste incontournable de la scène artistique congolaise. Témoin de son temps, JP Mika se met souvent en scène dans des costumes de “Sapeurs” (SAPE - Société des Ambianceurs et Personnes Elégantes) aux couleurs chatoyantes ou bien témoigne des scènes de rues de Kin. En arrière plan, il compose des décors improbables qui semblent flotter derrière ses personnages, en exploitant les motifs sériels et fleuris des tissus d’ameublement qui confèrent à son œuvre son style si original.L’expressivité de ses personnages et son goût pour le détail font aujourd’hui de Mika un des artistes les plus talentueux de sa génération. JP Mika a fait partie de la jeune garde d’artistes révélés au grand public lors de l’exposition à succès Beauté Congo, à la Fondation Cartier en 2014-2015.


Lot 78 - JP Mika (né en 1980, République Démocratique du Congo)
Petit Père Noël, 2016
Huile sur tissu imprimé d’ameublement
Signé et daté en bas au centre
80 × 60 cm

Résultat : 11 700€


ABOUDIA 

Aboudia est né en 1983 à Abidjan en Côte d’Ivoire, il vit et travaille entre Abidjan et Brooklyn à NewYork. Aboudia est repéré par la critique internationale en 2011 grâce à ses œuvres documentant les violences de la crise ivoirienne. En 2010, il vit à Abidjan lorsqu'éclatent les émeutes qui suivent les élections présidentielles. Alors que de nombreux intellectuels et artistes préfèrent fuir la guerre civile, Aboudia choisit de rester et de travailler malgré le danger. Dans la cave proche du Golf Hotel où il est reclus, Aboudia entend le sifflement des balles. De retour dans son atelier, il peint ce qu’il a vu des scènes de violence qui se déroulent à l’extérieur.La peinture d’Aboudia est pleine d’enfants, mais ceux-ci sont très différents des gamins photogéniques des images idéalisées de l’Afrique. Ces enfants-là sont peints de manière naïve et brutale. Les visages dans un état de surprise permanent, pas encore blasés par la vision des scènes de violence ordinaire. Aboudia peint à la mode nouchi, un mélange des styles de la rue qu’il fait sien, une source d’évasion en réponse aux privations, que l’on retrouve sur les murs des quartiers des environs d’Abidjan.Si son travail est parfois rapproché de celui de Jean-Michel Basquiat, Aboudia, qui ne se compare à aucun autre artiste contemporain, revendique des influences multiples. Lors de ses premières visites à la Tate Modern, il est impressionné par les grands formats de Pollock et le geste délié de Cy Twombly. Il se nourrit du street art de la jeunesse d’Abidjan, de Tokyo, de la Silicon Valley et plus encore du quartier de Brooklyn où il vit. La carrière d’Aboudia a été propulsée à l’international suite aux expositions « Pangea I & II New art from Africa and Latina America » chez Saatchi à Londres.C’est un des rares artistes d’Afrique de l’Ouest représenté à New York, Londres, Paris... et sur le continent africain.



Lot 97 - Aboudia (né en 1983, Côte d’Ivoire)
Sans titre, 2015
Acrylique, pastel et feutre sur toile
182 × 152 cm

Résultat : 19 500€


AMADOU SANOGO

Amadou Sanogo est né en 1977 au Mali. Originaire de Ségou, il a étudié à l’Institut National des Arts deBamako. Les oeuvres de Sanogo sont un hommage aux proverbes Bambara de son terroir. Affranchi de sa formation académique, Sanogo porte son attention sur la forme et la couleur. En appliquant des applats de couleurs franches dans une approche faussement naïve, Sanogo propose une critique de la  société malienne prise entre tradition et modernité. Ainsi, cultivant le droit à la subjectivité distanciée à la fois de la tradition ethnographique européenne et des attendus de l’art contemporain africain, les figures simplifiées, sans expressivité que Sanogo place dans un environnement exempt de fioritures inutiles, sont la marque d’un artiste jeune mais d’une grande maturité. Sanogo était présenté dans le collectif The Matter lors de l’édition 2018 de la Dak’art Biennale.


Lot 117 - Amadou Sanogo (né en 1977, Mali)
Sans titre
Huile sur toile (rouge)
175 × 150 cm

Résultat : 10 400€



BAMBO SIBIYA 

Bambo Sibiya est né en 1986 à Springs près de Johannesburg. Le travail de Sibiya raconte l’histoire de l’émergence d’une sous-culture qui a commencé dans les townships. Durant l'Apartheid, un grand nombre de jeunes hommes et de jeunes femmes ont quitté les zones rurales pour s'installer à Johannesburg à la recherche d'une vie meilleure. Beaucoup de noirs, en plus de se confronter au pouvoir blanc, ont dû faire face à leurs propres problèmes sociaux.Fasciné par la façon dont une communauté migrante survit loin de chez elle, Sibiya s’intéresse aux “Swenkas”. Pour renvoyer à leur famille l’image du succès qu’ils sont venus chercher dans la ville,ces hommes de la classe ouvrière venus des campagnes se parent de costumes élégants, paradent et renvoient cette image positive à leur famille. Au cours de ces concours d’élégance, les “Swenkas”partagent aussi les valeurs communes de propreté, de sobriété et de respect de soi. Cette compétition saine et humoristique contribue à susciter un peu de bonheur dans un contexte sinistre. Sibiya a travaillé avec les plus grands artistes de la scène Sud Africaine : William Kentridge, Norman Catherine ou Diane Victor, laquelle est également représentée dans la vente du 14 Novembre. Sa technique est inspirée de la gravure. Il réalise ses compositions vives à l’acrylique et au charbon qu’il applique au travers de pièces de dentelle.


Lot 132 - Bambo Sibiya (né en 1986, Afrique du Sud)
Sans titre, 2017
Technique mixte sur toile
250 × 140 cm

Résultat : 20 800€


LÉONCE RAPHAËL 

AGBODJELOU Léonce Raphaël Agbodjelou est né au Bénin en 1965. La série de photographies “Les Citoyens de Portonovo” documente la vie des habitants de la ville portuaire et ancienne capitale du Dahomey français. Chacunes des images réalisées par Agbodjelou est une exploration personnelle de l’identité béninoise.Les triptyques d’Agbodjelou utilisent l’architecture pour évoquer l’histoire d’un lieu. La maison oùse déroulent les scènes appartient à la famille d’Agbodjelou depuis sa création en 1890. Elle a été construite par des artisans afro-brésiliens, rares rapatriés, au regard des millions d’esclaves qui ont quitté le Bénin. Ici et contrairement à d’autres travaux du photographe, la palette des “Demoiselles de Portonovo” est sombre et sobre. L’intérieur aujourd’hui dépouillé, tour à tour occupé par le colonisateur et le colonisé témoigne du passé, d’une grandeur fanée.La présence du modèle dans la maison intrigue. Nue comme dans un village traditionnel, et portant un masque vaudou ou de cérémonie, elle est à la fois vulnérable et anonyme. Elle suscite à la fois attraction et répulsion. Une incongruité avec laquelle jonglent les populations de Portonovo qui doivent composer avec le passé et le présent. Agbodjelou est le fondateur de la première école de photographie du Bénin.


Lot 144 - Léonce Raphael Agbodjelou (né en 1965, Bénin)
Untitled Triptych (Demoiselles de Porto-Novo series), 2012
C-print
Edition de 5 exemplaires + 2 EA
Epreuve d’artiste 1/2
100 × 150 cm (chaque)

Résultat : 19 500€


PAUL NDEMA

Artiste très rare sur le marché, Paul Ndema, né en Ouganda, est un des artistes de la scène de l’art contemporain africain, parmi ceux qui possèdent un style des plus distincts et des plus reconnaissables.Élevé dans une famille catholique, son travail aborde la politique, la religion, l'identité culturelle, la sexualité, l’influence et l’éthique des gens de pouvoir. La majorité de ses oeuvres sont des autoportraits.Ces différentes “Versions de Paul” sont composées au moyen de couleurs vives avec parfois des arrières plans aux motifs vibrants sur le modèle des tissus africains. De face, ces personnages semblent être pris sous le feu des projecteurs. Son propos est la satire subtile, parfois avec un humour flagrant et dessous-entendus sur la société ougandaise.


Lot 126 - Paul Ndema (né en 1970, Ouganda)
Fertility gods, 2015
Huile sur toile
150 × 78 cm

Résultat : 13 000€

Piasa Digital

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Art Africain Contemporain

Paris mercredi 14 nov. 18:00 Voir les lots

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